Sunset at Silverstream Priory

 11th Sunday after Pentecost
11me dimanche après la Pentecôte
Omnis sapientia a Domino Deo est: et cum illo fuit semper, et est ante ævum. (Ecclesiastique 1:1)
“Toute sagesse vient du Seigneur, elle est avec lui à jamais.”
“All wisdom is from the Lord God, and hath been always with him, and is before all time.”

Hier soir, aux premières vêpres du dimanche, nous avons chanté comme antienne du Magnificat ce beau verset du début du livre de l’Ecclésiastique: “Toute sagesse vient du Seigneur, elle est avec lui à jamais” (Eccl 1:1). Quelle est cette sagesse qui vient du Seigneur? N’est–elle pas un des sept dons du Saint–Esprit? Et ce don, n’est–il pas précisément ce par quoi Dieu nous donne de goûter, je dirais même de savourer, les mystères de Dieu? La Sagesse est aussi le Verbe de Dieu, celui dont saint Jean nous dit: “Au commencement était le Verbe, et le Verbe était en Dieu, et le Verbe était Dieu” (Jn 1:1)? Notre Dieu est, à la fois, le Deus absconditus, Dieu qui se tient caché et le Dieu qui se révèle. Il est le Dieu qui se fait chercher dans le silence, et le Dieu qui se fait connaître en se disant.

Last evening, at First Vespers of Sunday, we sang at the Magnificat this enchanting opening verse of the book of Ecclesiasticus. “All wisdom is from the Lord God, and hath been always with him, and is before all time” (Ecclesiasticus 1:1). What is this wisdom that comes from the Lord? Is it not one of the seven gifts of the Holy Ghost? Is it not precisely that gift by which God renders us capable of tasting, of savouring, even the mysteries of God? Wisdon is also the Word of God, the very Word of whom Saint John says: “In the beginning was the Word, and the Word was with God, and the Word was God” (John 1:1). Our God is, at the same time, the Deus absconditus, God who is hidden and the God who makes Himself known. He is the God who draws us to seek Him in silence, and the God who, in speaking, makes Himself known.

Quel est le lieu dans lequel Dieu se cache? Où se révèle Dieu? Comment pénétrer jusque dans le silence de Dieu? Qui saura entendre sa parole, le Verbe en qui il se dit et se donne? C’est l’introït de la messe qui répond à toutes ces questions. “Dieu est dans son lieu saint. Dieu fait habiter dans une même maison ceux qui ont un même esprit” (Ps 67:6–7). Le lieu saint de Dieu, c’est le Corps du Christ, qui est l’Église. Le lieu saint de Dieu est tout lieu où les croyants se réunissent autour du prêtre pour chanter les louanges de Dieu, pour s’ouvrir à sa parole, pour offrir le sacrifice que lui–même nous a donné, et pour être nourris des adorables mystères du Corps et du Sang du Christ.

Where is the place in which God hides Himself? Where does He make Himself known? How can one penetrate the silence of God? Who is able to hear his Word, the Word by Whom He utters Himself and communicates Himself? It is the introit of the Mass that answers all of these questions. “God in His holy place; God who maketh men of one mind to dwell in a house; He shall give power and strength to His people (Ps. 67:6–7). The holy place of God is the Body of Christ, that is the Church. The holy place of God is wheresoever the faithful, assemble around the priest to sing the praises of God, to open their hearts to His Word, to offer the very sacrifice that He Himself has given, and to be nourished with the adorable mysteries of the Body and Blood of Christ.

La liturgie devient ainsi le lieu de la sapience de Dieu, c’est à dire, le lieu où Dieu se laisse savourer, où Dieu fait sa demeure en nous, et fait de nous sa demeure. Celui qui a fait l’expérience liturgique de Dieu se met à prier, non suivant ses propres petites lumières et raisonnements, mais selon la révélation que Dieu a fait de lui–même. Il prie Dieu selon le coeur de Dieu, car la liturgie n’est autre chose que l’ouverture du coeur de Dieu aux hommes, et l’ouverture du coeur des hommes à Dieu. Voilà pourquoi nous avons osé prononcer ce matin cette oraison étonnante du onzième dimanche après la Pentecôte:

Dieu tout-puissant et éternel, qui dépassez par l’abondance de votre bonté (pietas, dévouement paternel) les mérites et les vœux de ceux qui vous prient, répandez sur nous votre miséricorde: pardonnez les fautes qui qui jettent notre conscience dans la crainte, et accordez même ce que n’ose formuler la prière.

The liturgy thus become the place wherein we come to taste God, the place wherein we savour the things of God, wherein God indwells us, and makes us His dwelling. One who has entered into the liturgical experience of God begins to pray, not according to his own limited lights and reasonings, but according to the revelation that God has made of Himself. This is why we dare to pray this morning this astonishing collect of the 11th Sunday after Pentecost:

Almighty and everlasting God, who in the abundance of Thy loving-kindness (pietas, fatherly devotedness) art wont to go beyond both the merits and prayers of Thy suppliant people, pour down upon us Thy mercy: that Thou mayest forgive us those things whereof our conscience is afraid, and grant us what our prayer dareth not to ask.